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l’histoire (étrange) de France

Posted by raydaction on October 22, 2007

C’est l’histoire d’un homme fraîchement venu de l’est qui en moins d’un demi siècle va cristalliser le mieux dans l’hexagone toute l’ambiguïté à la française du mot immigration. Il explosera en ministre de l’immigration, à l’intérieur. Le premier flic de France rapidement voudra dès lors prendre du galon, et de poulet il lorgnera sur le rôle de grand matador, premier magistrat des restes de la Gaule. Irrésistible, il se fera élire au poste suprême de commandement de la poussiéreuse république française du premier coup. Imprévisible aussi, il décide qu’un hommage sera fait le jour de commémoration de l’exécution d’un jeune résistant par la lecture de sa dernière lettre dans toutes les écoles de Navarre. En France cela s’apparente au fait du prince. C’est une vielle tradition républicaine indécrottable. Mais il existe aussi ancrées chez les gaulois, même de fraîche date, bien d’autres valeurs insupportables comme celles d’être les râleurs champions du monde toutes catégories confondues et des indisciplinés hors normes donc forcément au sein même de l’incontrôlable corps enseignant qui ne manquera pas de résister à son tour, de grogner d’avoir à lire la fameuse lettre qui fait désormais couler beaucoup d’encre après tant de sang déversé. C’est étrange comme souvent parfois en France tout est off-context, du sommet à la base, du petit rapporteur dont j’endosse ici l’habit au plus illustre.

Voici le texte de la dernière lettre du jeune résistant communiste Guy Môquet, fusillé par les Allemands le 22 octobre 1941.

“Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,

Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c’est d’être courageuse. Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j’aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas !
J’espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui, je l’escompte, sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t’ai fait ainsi qu’à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demi, ma vie a été courte, je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, je vous embrasse de tout mon cœur d’enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime”

3 Responses to “l’histoire (étrange) de France”

  1. j-jour said

    Allez un peu de courage, soyez fidèle à la mémoire de Guy Môquet, et respectez son intégrité post-mortem:
    publiez donc (ou laissez publier) aussi le poème que l’on a saisi sur lui et que le conservateur du Musée de la Résistance nationale, Guy Krivopissk ,encourage à lire:

    “« Parmi ceux qui sont en prison
    Se trouvent nos 3 camarades
    Berselli, Planquette et Simon
    Qui vont passer des jours maussades

    Vous êtes tous trois enfermés
    Mais patience, prenez courage
    Vous serez bientôt libérés
    Par tous vos frères d’esclavage

    Les traîtres de notre pays
    Ces agents du capitalisme
    Nous les chasserons hors d’ici
    Pour instaurer le socialisme

    Main dans la main Révolution
    Pour que vainque le communisme
    Pour vous sortir de la prison
    Pour tuer le capitalisme

    Ils se sont sacrifiés pour nous
    Par leur action libératrice.»”

    http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2007/10/la-contre-lettr.html

  2. pigiste said

    nul besoin de s’armer de courage pour applaudir l’initiative du complément de ci-dessus. Je me demande d’ailleurs comment certains collectifs de professeurs ont pu ainsi passer à côté de l’immense occasion qu’il leur était offerte d’être plus royaliste que le roi en ne saisissant pas cette chance de poursuivre la lecture …

  3. j-jour said

    Surtout quand on voit que si Guy Môquet a été fusillé par les Allemands, ce ne sont pas eux qui ont procédé au choix des hommes à fusiller, mais bien des français. Il faut lire cet article pour comprendre sur quels critères ils les ont choisis, les français de Vichy, ces autres français qu’ils ont envoyé à la mort:
    http://lemondecitoyen.com/2007/10/23/guy-moquet-assassine-par-le-grand-patronat-francais/

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